Le ras le bol des agriculteurs

En soutien au mouvement agricole.


Du temps de mes parents, dans les années 70,  les prix n'était déjà pas à leurs  justes prix .

Cependant, pour faire face à un investissement, dans ces années là, ils pouvaient augmenter le troupeau et produire un peu plus !
Les accords de la PAC signé en 1962 avaient le but premier d'accroître la productivité de l'agriculture. 


 Mais la volonté change !

En 1984, arrivée des quotas laitiers, donc production réduite et limitée.

Les producteurs laitiers ce voient attribué un quota de litres de lait à respecter. les litres en trop sont  payés 50 % moins cher. Si le quota n'ai pas produit entièrement pendant plusieurs  années de suite ! le litrage non produit est enlevé de la référence et alimente une réserve nationale. Elle permet de donner du "quota laitier" aux jeunes agriculteurs qui s'installent en production laitière, bien souvent une misère ! 

Mais les quotas laitier ne suffisaient pas ou devaient être trop simple à gérer ! à l'époque, on nous a fait aussi le quota de matière grasse ( MG ) dans le lait.  Calculé sur une moyenne de plusieurs années référentes, on c'est vu avec un pourcentage de MG à ne pas dépasser. Ce quota MG venait encore compliquer les choses pour gérer l'alimentation des vaches laitières et le respect du quota laitier. Le trop de MG dans le lait était converti en litres de lait déjà produit !  plus on faisait un lait riche en MG plus notre droit de produire diminuait.

On nous disait que les quotas étaient bons pour maintenir le prix du lait  !  Combien de manifs  sur la crise laitière ont fait la une des médias ?  L'état nésite pas à passer des marchés de n'importe quoi avec des pays europeens ou non. S'ils non pas l'argent pour financer le marché ! pas de soucis, vous importez une de vos productions agricoles ! quoi qu'il en coût pour notre agriculture française.  Et c'est bien se qu'il se passe avec l'Ukraine aujourd'hui, If faut payer toute l' aide militaire que la France accorde. 


Contrains, les agriculteurs ce sont adapté comme des agneaux.


En 1992 ! On nous annonce la réforme de la PAC, les primes Pac et les contrôles Pac .


Coup dur !  notre revenu ne dépend plus de notre travail uniquement mais aussi de la réglementation et du dossier Pac que l'on dépose pour le 15 mai de l'année en cours. 

On en subit toutes ses contraintes et l'on se soumets aux contrôles.


Les quotas étaient ressentis comme une perte de liberté, cette Pac comme une dictature.



Les agriculteurs ce sont adapté, comme des agneaux parce qu'ils sont né paysans, le métier dans l'âme.

On nous disait que si ! on aura autant de revenu ! 


Nos organismes agricoles ont mandatés leurs meilleurs experts pour étudier ces nouveaux textes ( une nouvelle langue qui sort tout droit du jargon politique que personne ne comprend ) il fallait décortiquer ces textes pour les apprivoiser et les transmettre aux gens de la terre dans le langage qu'ils comprennent. Il fallait remplir ce dossier PAC sans se tromper ! aux risques d'être pénalisés ( dossier bloqué, amende de 3 ou 5 % sur le montant des primes) .


Depuis cette année 1992, les pouvoirs publics exercent une menace permanente de contrôles sur chaque exploitation. Du harcèlement légal !


Les agriculteurs ce sont adapté comme des agneaux parce qu'ils sont amoureux de leur métier et qu'ils n'avaient pas d'autres choix .  


Cette PAC est réformée tous les 5 ans.

À chaque renouvellement, on recommence le concept ! les experts analysent, décortiquent et expliquent aux gens de la terre dans un langage que nous pouvons comprendre. La dernière réforme s'appliquait en 2023.


Les agriculteurs ce sont adapté comme des agneaux à chaque foi  parce qu'ils sont amoureux de leur métier et que les engagements financiers ne permettent pas une reconversion.


En 2005  arrive un  plan de modernisation des bâtiments d'élevage, encore un coup dur pour l'élevage ! 


On nous impose des normes pour la gestion des effluents d'élevages

Il nous faut investir dans des installations de stockage des effluents sur des périodes de 4 à 6 mois pour pouvoir poursuivre notre activité. Respecter un calendrier d'épandage avec des périodes où il est interdit d'épandre et des périodes (courtes, naturellement ) où il est autorisé d'épandre. 


Ce dispositif engendre des investissements monstrueux pour les exploitations avec de l'élevage et n'apportent aucun revenu supplémentaire.

Nos produits ne se sont pas mieux vendus pour autant.

Comme des agneaux et pour poursuivre notre passion, pour rembourser nos dettes. Nous nous sommes endettés encore plus pour respecter les lois, pour être en règle et dans la peur du contrôle.


Les dossiers donnaient droit à des subventions, mais sur factures acquittées ! et ces subventions ne représentaient qu' environ 25 % du coût total. Il fallait financer les 75 % avec les mêmes revenus qu'avant ce plan.

 

Ce plan visait à protéger les sols, les cours d'eau ou les sous-sols, les nappes phréatiques.


On s'est investi dedans pour produire mieux, plus propre, pour respecter l'environnement, ces nouvelles normes !


Depuis, il y a la crise climatique, les accords européens sur le respect du climat et rien ne change pour nous.


Chaque réforme de la PAC est plus dure, toujours des nouvelles contraintes, des nouvelles normes.


Des contraintes auxquelles on se plie pour sauvegarder notre revenu qui dépend majoritairement des primes.

 

Comme des agneaux, on s'adapte et on encaisse meurtri.


L'amour de notre métier, notre passion pour notre métier nous rends aveugle,
nous fait tenir coûte que coûte. À quel prix ?


On comprend bien que notre agriculture française est aussi notre responsabilité, qu'il faut évoluer vers un modèle plus propre, plus respectueux.
On est fier de notre agriculture française.


On met en place les réformes, on s'investit dans le respect des nouvelles directives successives et qui se succèdent           ( je pourrai tourer en boucle ! ) .
On s'exécute comme des agneaux aux contraintes les plus folles pour être en règle par peur d'un contrôle. 


La peur d'un contrôle ! c'est devenu notre quotidien.

On se demande bien pourquoi tout ça ! 

Toutes ces années d'efforts, de travail en conditions difficiles, de soumission aux lois les plus folles ! des sacrifices aussi. 

Nos politiques, la commission européenne nous demandent toujours plus de normes, de dossiers, de déclarations à respecter sinon pas de primes. En face, ils nous mettent en concurrence déloyale avec : 

- Les accords mercosurs avec des pays qui utilisent des produits interdits en France et qui ont des pratiques interdites en France.
- Des importations de denrées alimentaires ne répondant à aucune norme française et européenne.
- Nos élevages sont accusés de polluer ! 
- Entendre sur les plateaux de télé :  l'agriculture pollue, elle maltraite les animaux, elle détruit et empoisonne les sols.
- Et les mouvements anti élevage, anti ferme, anti viande.
- etc.


Mais où est l'intérêt pour le monde ? pour la planète ?  de prendre des engagements respectueux du climat, de la nature en France et à demi mot dans l' Europe ? et en même temps, de faire produire des denrées d'importations dans des pays qui ne prennent aucuns engagements climatiques ?

Provoquer du transport maritime et aérien incessant pour avoir ce que l'on sait produire chez nous ?

Nos terres agricoles produisent aujourd'hui ce qu'elles pouvaient produire il y a des décennies ! 

Quand on sème une culture, elle pousse ! Où est la pollution ? Le b.a-ba de notre métier, c'est de prendre soin de nos sols ! de les entretenir pour ne pas les épuiser ! c'est de développer le bien être et la santé animal ! pour réduire nos coûts de production. 



Une vie professionnelle passée  à s'adapter comme des agneaux aux réformes, à la PAC revisitée tous les 5 ans, aux caprices des politiciens, d'une commission européenne, à subir de la haine, des critiques de la société parce qu' elle cultive  l'incompréhension et le diviser pour régner. Elle a oubliée ses racines et les valeurs que nos ancêtres ont défendue.


Le monde agricole demande le respect qui lui est dû. 

Ayons une pensée pour ceux qui ne sont plus là !

L'amour et la passion de notre métier s'épuisent quand tout va mal, quand la situation financière n'est plus gérable et que les administrations n'entendent rien.


Il arrive un moment où ils ne peuvent pas nous en demander plus ! 


Aujourd'hui et une fois de plus, ce sont des agriculteurs passionnés et amoureux de leur métier qui bloquent les autoroutes, qui roulent vers Paris.
Écoutez - nous ! n'attendez pas que ces mêmes agriculteurs soient acculés et qu'ils aient perdu tout l'amour et la passion de leur métier.

 

On marche sur la tête grave !